Il y a une phrase que j’entends très souvent.
« André, j’ai envie de créer un business. Le problème, c’est que je n’ai pas encore trouvé la bonne idée. »
Et, franchement, je vous comprends. Vous vous dites qu’avant de créer une entreprise, il faut forcément une vraie idée. Quelque chose qui sort du lot. Alors vous cherchez, vous comparez, vous notez… et les semaines passent.
Le plus piégeux, c’est que vous avez vraiment l’impression d’avancer. Vous réfléchissez beaucoup. Vous imaginez des concepts. Bref, vous travaillez… mais un peu dans le vide.
Sauf que, souvent, il ne se passe rien.
Je ne dis pas ça pour vous faire culpabiliser. Vraiment pas. C’est une erreur très courante, et j’y suis tombé moi aussi. Depuis des années, vous entendez que les entrepreneurs qui réussissent ont eu une idée de génie…
…que vous finissez par attendre votre propre éclair de génie.
Comme si, un matin, sous la douche ou en marchant, la bonne idée allait enfin vous tomber dessus. Et tant qu’elle n’arrive pas… eh bien vous attendez.
Avec le recul, je crois que c’est l’un des gros pièges de l’entrepreneuriat. Les idées comptent, bien sûr. Mais vous leur donnez parfois le mauvais rôle : celui du point de départ.
Pourquoi vous croyez qu’il faut une idée géniale
Quand vous regardez les histoires d’entrepreneurs qui ont réussi, vous retrouvez souvent les mêmes noms : Steve Jobs, Bill Gates, Mark Zuckerberg… Et forcément, vous vous dites qu’il faudrait faire pareil.
Le problème, c’est que cette vision est biaisée. Vous retenez les histoires extraordinaires parce qu’elles marquent les esprits. Mais vous entendez moins parler de ceux qui gagnent très bien leur vie avec quelque chose qui existait déjà.
Amazon n’a pas inventé le e-commerce. Apple n’a pas inventé le téléphone portable. Google n’a pas inventé le moteur de recherche. Ils sont arrivés sur des marchés existants, puis ils ont fait les choses autrement. Parfois mieux. Parfois beaucoup mieux.
Et cette différence change tout : le succès vient rarement de l’idée seule. Il vient surtout de la façon dont vous l’exécutez.
Vous ne vous demandez plus : « Qu’est-ce que je pourrais inventer ? » Vous vous demandez plutôt : « Qu’est-ce que je pourrais faire un peu mieux ou différemment ? » Et c’est beaucoup plusrassurant.
Créer quelque chose que personne n’a jamais fait, c’est risqué. À l’inverse, quand un marché existe déjà, vous savez au moins une chose : des gens paient déjà pour ce type de solution.
La concurrence n’est donc pas une menace. Elle prouve souvent qu’un marché fonctionne.
Le coût caché de la recherche de l’idée parfaite
Cette recherche de la bonne idée est trompeuse, parce qu’elle vous donne l’impression d’être sérieux. Vous réfléchissez avant d’agir. Vous voulez éviter une mauvaise piste. Et, sur le papier, c’est sain.
Sauf qu’à force d’éviter toutes les erreurs, vous finissez parfois par ne plus rien faire. Vous lisez encore un livre. Vous regardez encore des vidéos. Vous attendez le déclic.
Pendant ce temps-là, quelqu’un d’autre apprend à écrire, à vendre, ou publie une première vidéo un peu bancale. Puis une deuxième. Puis une troisième. Et il comprend des choses que vous n’apprendrez pas seulement en réfléchissant.
J’aime cette anecdote sur Henri Poincaré, le mathématicien : après avoir travaillé longtemps sur un problème, la solution lui serait apparue d’un coup en montant dans un tramway. C’est fascinant. Mais ce genre d’éclair ne se commande pas.
Si votre projet repose sur cette attente, c’est risqué. Si l’idée arrive dans trois ans ? Ou jamais ? Vous misez sur quelque chose que vous ne contrôlez pas. Et si l’idée n’est pas porteuse ?
En revanche, vous contrôlez ce que vous apprenez cette semaine : trouver une niche prouvée, écrire, vendre, publier, contacter un premier client. Et c’est souvent là que tout commence.
Les entrepreneurs qui avancent ne sont pas forcément ceux qui ont eu la meilleure idée. Ce sont souvent ceux qui ont arrêté d’attendre.
Le déclic qui a changé ma façon de voir
En 2013, j’ai été licencié. Comme beaucoup de personnes dans cette situation, je me suis demandé quoi faire ensuite. Et je n’avais pas l’idée du siècle. Vraiment pas.
J’ai simplement relancé un petit blog sur le tir sportif, créé deux ans plus tôt et jamais monétisé. Je n’étais ni champion, ni moniteur. J’aimais ce sport, je lisais, je testais, je gardais ce qui marchait… puis je partageais tout ça sur un banal WordPress.
Mais je me suis surtout demandé si je pouvais être utile à quelqu’un.
Mon business n’est pas né d’une idée exceptionnelle. Il est né d’une accumulation de petites compétences : sentir un besoin, rédiger, créer un blog, écrire une page de vente, vendre une formation.
Le vrai moteur d’un business n’est pas une idée. C’est une compétence.
Je crois qu’il y a une question beaucoup plus intéressante que « Quelle est la bonne idée de business ? »
Cette question, c’est, roulement de tambour : « Quelles sont les compétences qui me manquent pour construire le business qui a un potentiel déjà prouvé ? »
Quand j’ai lancé mon premier site, je ne savais presque rien. Petit à petit, ces compétences se sont assemblées. Ce qui me paraissait compliqué est devenu normal. Et, presque sans m’en rendre compte, j’avais un business.
Avec le recul, je crois que les entreprises se construisent comme ça : pas avec une illumination, mais avec une accumulation de savoir-faire.
Le plus gros mensonge : « Je ne suis pas assez expert »
Je comprends très bien cette objection : « Je ne suis pas expert. Je ne peux pas vendre des formations ou faire du coaching sur tel sujet. » C’est même l’une des raisons pour lesquelles beaucoup de personnes ne se lancent jamais.
Vous imaginez qu’il faut être le meilleur. Le meilleur photographe, le meilleur joueur de tennis, le meilleur cuisinier… alors que ce n’est pas vraiment comme ça que les choses se passent.
Si vous débutez le tennis demain, vous n’irez sans doute pas voir un joueur du top 10 ATP. Vous aurez surtout besoin de quelqu’un qui vous comprend, qui a fait les erreurs avant vous, et qui peut vous éviter de les refaire.
C’est ce qui s’est passé avec mon blog sur le tir. Je n’étais pas champion. J’étais juste passionné, curieux, et prêt à passer du temps à apprendre puis à partager ce que je comprenais.
L’expertise ne tombe pas du ciel. Elle se construit. Et si vous apprenez sérieusement un sujet pendant plusieurs mois, il y aura toujours des personnes heureuses d’apprendre de vous, simplement parce qu’elles sont quelques étapes derrière.
Ce que les entrepreneurs qui réussissent font différemment
Au lieu de chercher ce qu’ils pourraient inventer, les entrepreneurs qui avancent regardent se qui existe déjà. Ils observent les concurrents, lisent les avis clients, repèrent ce qui manque ou pourrait être mieux expliqué.
Si vous vendez des carnets, vous ne serez pas le premier. Mais un angle plus clair peut suffire à vous différencier.
C’est pareil pour les formations ou le coaching. La question n’est pas : « Est-ce que quelqu’un le fait déjà ? » mais : « Est-ce que je peux le faire à ma manière ? »
Votre façon d’expliquer, votre personnalité, vos exemples, votre histoire… personne ne les possède. Parfois, vous devenez différent simplement en étant vous-même. Même si c’est un peu bancal au début.
Les quatre questions qui remplaceront désormais « Quelle est la bonne idée ? »
Au lieu de vous demander : « Quelle idée va marcher ? », essayez ces quatre questions.
- Sur quel marché y a-t-il déjà des clients ? Si des gens dépensent déjà de l’argent, le marché existe. Vous n’avez plus qu’à trouver votre place.
- Quelles compétences ai-je besoin de développer pendant les douze prochains mois ?
- Ma motivation sur le sujet ? Pour être certain que j’ai envie de parler du sujet dans la durée.
- Qu’est-ce que je pourrais faire différemment des autres ? pour créer mon petit océan bleu dans cet océan rouge!
Ces questions vous aident à sortir de l’attente.
Vous n’avez pas besoin d’une meilleure idée. Vous avez besoin de commencer.
Je suis convaincu que beaucoup de personnes auraient pu créer une belle entreprise. Elles avaient l’envie, l’intelligence, parfois les moyens. Mais elles sont restées bloquées à attendre le bon moment, la bonne niche, la bonne idée.
Avec le recul, la plupart des entreprises se construisent comme ça : pas avec un coup de génie, mais avec des centaines de petites décisions qui semblent presque insignifiantes!
Alors si vous cherchez encore votre idée, j’ai envie de vous dire un truc simple, même si ça sonne un peu maladroit : arrêtez peut-être de chercher l’idée qui va changer votre vie.
Cherchez plutôt une niche prouvée et la compétence que vous allez développer cette année. C’est souvent là que les portes commencent à s’ouvrir!
(Écrit à la mano par André Dubois)