49

Le blogging n’est pas pour vous

Juin 2013, Lyon.

« Vous avez été absent la semaine dernière, vous quittez l’entreprise. Soit on négocie une rupture conventionnelle, soit c’est le conflit ».

J’ai mis trois ou quatre secondes à réaliser ce qu’il se passe. C’est sérieux.

Mon patron me vire, froidement. Il baisse les yeux vers son bureau, pas fier de lui. Il est en train de faire une saloperie, et il le sait.

Je suis juste épuisé par mon fils de 3 ans. A cette époque, il trouvait rigolo de chanter toutes les nuits, entre 2 heures et 6 heures du matin. Essayez d’expliquer à un autiste sévère que vous avez besoin de sommeil. Dieu merci, il ne réveillait pas ma fille.

La caféine me fait tenir, mais pour mon boss, ce n’est pas assez.

Je lui demande encore:« Mais, quel est le problème, concrètement. Mon budget est tenu. Mes projets sont tous à jour. Les taux de service sont dans le vert. »

Il ne veut pas se justifier. Il répète : « Vous quittez l’entreprise. Soit on négocie une rupture conventionnelle, soit c’est le conflit. Vous quittez l’entreprise, de toute façon. »

Colère et injustice.

Voilà quelques semaines qu’il ne me parle plus, mais m’écrit des emails. Inhabituel. Je sens un point rouge de sniper dans mon dos. Un jour, sans que je comprenne objectivement pourquoi, mon responsable est devenu hostile.

Il y a des signes avant-coureurs. Les bruits de couloir. Les réunions auxquelles vous n’êtes plus convié. Les consignes écrites intenables qui remplacent l’oral.

Vendredi dernier, la pression est devenue trop forte, et j’ai dégueulé au travail, pour la première fois de ma vie. Deux fois dans l’après-midi.

Mon généraliste a pris ma tension, et m’a arrêté une semaine.

Après 2 jours d’arrêt, PDG (pue de la gueule) m’a fait contrôler. Le contrôleur en était presque gêné. Il n’avait jamais dû valider un arrêt d’une semaine. Il confirme mon arrêt.

Retour dans le bureau de mon boss.

PDG est décidé. « Rentrez chez vous. Je vous dispense d’activité. On se revoit demain, et vous me direz quelle solution vous choisissez. Point barre. »

De retour chez moi à 11 heures. Mais avant, réflexe de survie, je me maile tout ce qui montre que mon travail est bien fait.

Ma femme me demande pourquoi je suis là si tôt. Je me suis fait viré. Mon fils est déglingué, mon épouse lutte pour le sortir de sa prison mentale, et l’autre ne trouve rien de mieux que de briser ma carrière.

Pour la première fois de ma vie, j’ai peur du futur. L’angoisse s’est rajoutée au chagrin. Chose rare, je fume une clope. Je pense à mes enfants. Qu’est-ce qu’on va devenir ?

Et je me ressaisis.

Je passe quelques coups de fils. Des amis sûrs, puis un avocat.

Résumé de la discussion :

« Si j’ai bien compris, on vous vire de retour d’arrêt maladie, seulement le second en 2 ans, et juste après un contrôle ? Vos indicateurs sont tous au vert ? Votre fils est handicapé et malgré cela vous faites le taf ? Ecoutez, c’est classique : voici ce que votre patron va faire. Prendre deux ou trois broutilles, les monter en épingle, et dire que vous êtes incompétent. Mais cela ne trompera pas les juges. »

Je m’en doutais. PDG sait qu’il n’a rien. Je le sais aussi. Les juges le sauront aussi. La seule question, c’est combien.

Alors je choisi le conflit, mec. T’as voulu me briser. Pire, t’as fait planer l’insécurité financière sur la tête de mes gosses... Mais t’as pas de pouvoir sur moi, et voici pourquoi.

Il y a quelque chose que tu ne sais pas.

Ce que PDG ne savait pas, et qui m’a donné l’avantage

J’ai un joker. Mieux, un espoir.

Car depuis 2010, j’ai 2 blogs, et l’autoentreprise qui va avec.

Le premier sur le recrutement. J’ai déjà une jolie liste. Mais toutes mes tentatives de monétisations se sont soldées par des échecs. 600-800 euros, pas de quoi nourrir une famille de quatre.

Le second sur le tir sportif. Liste plus petite. Et en sommeil, depuis les ratés de mon premier site.

J’ai vite pris la décision de monétiser ce blog de niche.

De toute façon, je ne peux plus être salarié :

  • Si j’explique qu’on m’a viré à cause de mon fils autiste, je vais faire peur au recruteur. « Lui, il sera tout le temps absent à cause de son gamin ».
  • Et si j’admets que j’étais incompétent, personne ne me recrutera.

Je suis fait comme rat.

Et devinez quoi : je m’en tape. Car j’ai décidé que c’était le moment de sauter le pas.

Parce que je ne veux plus de chef. Je ne veux plus être prisonnier d’un emploi.

Je veux bosser de chez moi. Pour soulager ma femme qui veut retravailler. Pour être présent pour mon fils. Et pour prendre mes propres décisions. Diriger ma vie.

Alors oui, conflit.

Tu as élégamment menacé de salir ma réputation si je n’accepte pas ta rupture conventionnelle ? Mais je m’en fous, j’ai déjà une entreprise ! Et je sais deux choses.

  • Je vais gagner aux prud’hommes (ce qui s'est effectivement passé).
  • Je ne serai plus jamais salarié. Alors ton chantage à la réputation…

Je tente le plus gros pari de ma vie. Il est hors de question que mon blog de niche échoue, parce que je n’ai pas d’autres solutions dans mon chapeau.

Le blogging n’est pas pour vous

« Chérie, ne t‘inquiètes pas. Je vais vendre des cours de ball-trap en ligne !»

Avouez que j’ai de la chance, quand même. Car ma femme ne m’a pas jeté la vaisselle à la figure quand je lui ai parlé de mon plan. Ce qui, en toute logique, aurait été la réaction normale.

« Je te fais confiance, André. »

Pour la petite histoire, j’ai lancé mon produit tir sportif fin septembre 2013. Et fin octobre, le compteur était à 7000 euros. Ma nouvelle vie de blogueur professionnel a commencé, et je ne suis jamais revenu en arrière.

Mais vous savez quoi ? Ce montant n’a pas d’importance. Car depuis, je travaille chez moi, libre. Mon fils a incroyablement progressé. Puis, j’ai développé un des meilleurs blogs francophones, TraficMania. Avec la ventes de mes formations, j’ai acheté un bel appartement à Lyon. Je paye fièrement mes (lourds) impôts en France.

Et j’ai plus d’idées que de temps.

Mais le plus important, c’est ce que j’ai compris. C’est ce qui m’a fait réussir ce projet complètement fou, au moment le plus difficile de ma vie.

Voici le secret :

LE BLOGGING N’EST PAS POUR VOUS. LE BLOGGING EST POUR VOS LECTEURS.

Et ça change tout.

Le blogging n’est pas là pour vous faire gagner de l’argent. Le blogging est là pour que vous aidiez votre audience.

Votre blog ne se développera pas parce que vous testez des hacks et astuces « magiques » qui n’existent pas. Votre blog marchera parce que vos lecteurs peuvent changer leur vie.

Et c’est ce que nous faisons.

Un jour, un lecteur de mon blog de tir sportif m’a écrit pour me dire qu’il avait réalisé son premier 25/25, et qu’il avait fêté cela avec ses amis.

Un autre jour, une cliente TraficMania m’a annoncé qu’elle avait franchi le cap des 20 000 euros de vente mensuelles, et que son existence était transformée au-delà de ses rêves.

C’est parfois de grandes choses, parfois de petites. Et c’est ainsi tous les jours.

Vous êtes un magicien. Car vous avez le pouvoir de changer la vie de ceux qui vous lisent. Utilisez ce pouvoir.

L’argent est important, mais c’est une conséquence, pas le but

Ma première année de blogging tourna autour de 32 000 euros de ventes. Moins que mon ancien salaire.

Vous savez quoi ? Je ne serais jamais retourné en arrière. Parce que la liberté de ce métier est incomparable.

Aujourd’hui, je gagne bien plus que mon ancien patron. En travaillant 5 ou 6 fois moins que lui. Je ne rends de compte à personne. Il se fait un ulcère, moi j’ai le temps de lire, de cramer mon abonnement Netflix, de m’occuper de mes enfants, et de faire 6 heures de jujitsu par semaine.

Tout ceci n’a pas été le but. Mais une simple conséquence.

Et ça a commencé avec une idée, toute simple.

Au lieu de me dire « comment faire un max de blé avec mon blog de tir », je me suis dit : « comment je peux aider les gens à progresser dans ce sport ? »

Et j’ai continué avec TraficMania. Je me suis simplement demandé comment vous donner envie d’entreprendre, et comment vous aider à réussir en blogging.

La réponse ?

C’est ce genre d’article, qui devrait vous inspirer. C’est aussi en vous disant la vérité. Oui, le blogging demande du temps, du moins au début. Oui, c’est difficile. Oui, le taux d’échec est élevé…

…mais surtout par ce que les gens pensent « argent » au lieu de penser « lecteurs ».

Aidez vos lecteurs. Emouvez-les. Etonnez-les. Secouez-les.

Le blogging n’est pas pour vous. Le blogging est pour eux. Et l’argent viendra, croyez-moi.

Alors faites-moi une promesse

Ne vous arrêtez pas au premier échec. Ce métier s’apprend à la dure. Et arrêtez de chercher des hacks et astuces magiques.

Faites simplement trois choses :

  1. Demandez-vous comment vous pourriez aider vos lecteurs.
  2. Puis, donnez cette solution, en écrivant le meilleur article possible. Utile, et émotionnel à la fois. Oui, c'est dur à faire.
  3. Et passez un peu de temps à promouvoir ce contenu. En le proposant en article invité sur un gros blog de votre thématique, par exemple.

Vous verrez. Plus vous répéterez l’opération, et plus vous vous installerez dans votre thématique. Plus vous deviendrez celui ou celle que les gens veulent lire.

Et vous aurez tout gagné. Au lieu d’envoyer votre newsletter, les gens l’attendront. Au lieu de pousser la vente de vos produits, les gens vous les demanderont.

Et les ventes suivront. Par exemple, sur TraficMania, je reçois chaque semaine des demandes de rédactions de pages de ventes, alors que je ne pousse pas vraiment cette offre. Et les gens sont prêts à me payer très, très cher.

Pourquoi ? Tout simplement parce que mes articles touchent les gens, et mes clients voudraient que leurs pages touchent aussi leur audience.

Cela demande plus de sincérité que de talent. L’écriture vient en pratiquant, je vous le promets.

Voilà. Vous connaissez le secret du blogging. Comme toutes les belles idées, elle est simple. C’est juste à vous de vous acharner.

Comment aller vous aider votre audience aujourd’hui ?

André Dubois
 

En ce moment, André doit être encore en train d'écrire un article de 3000 mots. Tout cela pour un objectif: vous apprendre à bloguer si bien que vous pourrez en vivre.

Cliquez ICI pour commenter 49 commentaires