Comment réussir ce qui semble impossible à tous

Faire l'impossibleMa gorge est devenue sèche en un instant.

Je suis resté deux ou trois secondes, les yeux écarquillés devant mon écran, comme si je venais de prendre un coup de matraque dans le foie.

Je relis la page Wikipedia pour vérifier que je suis dans le monde réel, priant pour avoir mal compris.

Merde.

Ces symptômes dont parle l’article, il les a tous. Il est autiste, forcément. Je me doutais que mon fils avait un problème. Mais une part de moi refusait de voir les choses en face. Maintenant, j’en suis sûr.

Le sol s’ouvre. Il est écrit "définitif" plusieurs fois. Sa vie, la mienne, nos projets. Tout est foutu.

Quelqu’un rentre dans mon bureau.

« André, la réunion avec les commerciaux va commencer, tu viens ? »

« Quoi ? » Je n’entends pas bien, comme si j’avais la tête sous l’eau. Je vais dans la salle de réunion, je fais semblant de m’intéresser, mais je ne pense qu’à lui. Que va-t-il devenir ? Que vais-je faire ? Comment l’annoncer à ma femme?

J’ai le vertige.

Il y a des soirs où vous voulez que le temps s’arrête. Parce que vous ne voulez pas rentrer, et dire à votre épouse que son bébé de 2 ans ne parlera jamais.

Qu’il sera incroyablement difficile à élever, et que son avenir se résumera aux institutions spécialisées. Si on trouve une place.

J’avale ma salive et je tends la tablette à ma femme.

« Tiens, regarde çà.» dis-je.

Je l’observe. Son visage change, elle a compris. Mais elle ne pleure pas. Au contraire. Elle relève la tête, me fixe.

Et elle me regarde avec les yeux d’un officier avant l’assaut final.

Je ne l’ai pas encore réalisé, mais le combat de sa vie vient de commencer.

Le monde sera contre vous

Quelques semaines plus tard, dans le cabinet d’une pédopsychiatre. La psy nous parle doucement. Elle comprend que nous sommes encore sous le choc. Je ne dors plus.

« Comprenez bien. Votre fils n’est pas autiste Asperger. Ces grands timides qui font de l’astrophysique ou connaissent 15 langues. Il souffre d’une autre forme, sévère. Il ne parlera pas. »

La psy marqua une pause, et souffle : « Vous devriez le placer en hôpital de jour dès maintenant. Les troubles vont l'envahir, ça sera pire, jour après jour. Je suis désolée. Mais les parents se font souvent des illusions. »

Voilà comment les médecins condamnent les enfants de deux ans à perpétuité. Lui est assis par terre, il ouvre et ferme la porte d’un château Playmobil depuis 45 minutes.

J’ai vu son regard se durcir à nouveau, comme si elle allait balancer le pot de crayon à la tête du toubib. Parce que pour cette psy, mon fils était déjà flingué, à peine sorti de son berceau.

« Jamais», répondit simplement ma femme.

Voilà ce que c’est de ne pas abandonner

Les gens se foutent des handicapés mentaux car ils pensent que de toute façon, ils ne peuvent pas contribuer à la société. Voilà, c’est si simple, prenez l’adresse d’un hôpital de jour où votre enfant passera le reste de sa vie. S'il s'agite trop, il y aura toujours le Phénobarbital.

Ça, ma femme ne peut pas l'admettre. Parce que les mères sauvent leur enfant, c'est ainsi.

Alors voilà.

Au cours des jours suivants, elle contacta des associations de parents pour récupérer les coordonnées de thérapeutes valables. Elle les appela des douzaines de fois, jusqu’à ce qu’ils acceptent de caser mon fils dans leurs plannings. Elle harcela les médecins pour qu’ils posent un diagnostic écrit.

Elle monta une équipe complète, composée d’un psychiatre, d’une psychologue, d’une ergothérapeute, d’une psychomotricienne, d’une orthophoniste spécialisée, de deux intervenants ABA. 20 heures de soins par semaine, vous imaginez? Alors elle organisa des réunions trimestrielles pour coordonner tout ce barnum.

Elle inscrivit mon fils dans un programme de pointe de traitement antibiotique contre l'autisme, animé par le Professeur Montagnier, prix Nobel de médecine.

Elle assigna les instances handicap du département au Tribunal du Contentieux de l'Incapacité pour que mon fils bénéficie d’un plus juste taux d’incapacité. Elle gagna le procès malgré l'enfer administratif.

Elle se forma à la méthode comportementaliste ABA, pour faire travailler mon fils si un de ses thérapeutes devait être absent. C’est aujourd’hui son métier.

Quand mon fils fût trop grand pour un lit à barreaux, elle le recoucha patiemment plus de 200 fois, jour après jour, pour qu'il comprenne qu'il faut rester sagement allongé.

Lorsqu’il commença à se connecter à son environnement, ma femme s’est battue pour qu’il soit scolarisé. Et quand nous avons découvert le jour de la rentrée qu’il n’avait pas d’auxiliaire de vie, elle a déboulé à l’Inspection Académique du Rhône et obtenu une solution pour le lendemain.

Elle a créé une association, et récolté plus de 1500 euros l’année dernière pour lui financer des activités et encore plus de soins. Elle lui a trouvé un club de gymnastique. Elle lui a trouvé un club de natation. Elle lui à trouvé un club d’équitation spécialisé.

Elle a aidé une demi-douzaine de familles qui vivaient le même drame que nous, les conseillant dans leurs démarches.

Elle a accepté ma plus folle décision quand j’ai perdu mon emploi, alors qu’elle ne retravaillait pas encore : monétiser mes sites, pour que je sois présent à la maison et qu’elle puisse lancer son activité d’intervenante pour enfants autistes.

Aujourd’hui elle se bat pour trouver un local pour accueillir et soigner des enfants.

Et devinez quoi

Ce joli petit blondinet que les médecins voyaient déjà enfermé a commencé à répéter quelques mots.

Il est devenu propre à 4 ans. Seulement un an plus tard qu'un enfant normal.

3 mois après, le miracle : il commença à regarder les gens dans les yeux, et petit a petit, à demander des choses très simples. "Veux Coca". J'avais l'impression de voler.

Aujourd’hui en fin de grande maternelle, il connait l’alphabet, il est capable de lire des syllabes basiques, et de compter jusque 50. Ma femme a transformé du désespoir et de l’acharnement en un avenir pour mon fils.

Voilà ce que c’est, de ne pas abandonner. Voilà ce que font les mères.

Comment ne pas aimer une telle personne.

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Elle m'a montré le chemin

Lâchement licencié, épuisé, on m’a pris pour un irresponsable quand j’ai dit que j’allais vivre d’un blog. Car voyez-vous, un blog qui génère assez pour faire vivre 4 personnes à Lyon, c’est comme un autiste sévère qui se met à parler. Cela n’existe pas.

Pourtant, le blogging a sauvé ma famille.

Quel autre métier m’aurait permis de travailler de chez moi, et d’être présent pour gérer les aléas ? De payer le loyer, les factures ?

La réponse est simple: aucun autre.

Je n’avais pas le choix. C'était le blogging, ou l’abîme.

Alors j’ai pratiqué. Des jours, des nuits, et encore.

J’ai monté des sites. J'ai échoué. Pas grave. J’en ai remonté d’autres. On n’apprend rien de ses victoires.

J’ai compris que le temps des vendeurs de rêve sur internet était terminé. Que seule la très haute qualité inspirait confiance, et pourrait convaincre mes lecteurs de devenir des clients.

Alors j’ai commencé à passer 10 à 20 heures sur un article. Et autant de temps à les promouvoir. Sans blague. Et voici ce qui est arrivé: mes articles sont devenus si bons que mes lecteurs ont afflué en masse, encore et encore.

Les deux premières années, j’ai dû arrêter de bloguer en novembre pour ne pas franchir les seuils auto-entreprise. Et cette année, ma troisième en tant que blogueur professionnel, vu le succès de TraficMania, je n’y couperai pas.

Ce qui m’a motivé à travailler si dur?

Honnêtement, la culpabilité. Je n'en suis pas vraiment fier, mais voici pourquoi:

J’aurais eu honte d’échouer, et de dire à ma femme qui se battait tant : « je n’y arrive pas, je vais retourner dans une entreprise, faire un travail que je n’aime plus mais qui paye 4000 € net par mois. Reste à la maison, renonce à tes rêves et occupe-toi du petit. »

Je nous aurais détruits à petit feu.

Impossible.

Vivre de votre blog demandera du travail, mais…

N’abandonnez jamais.

Tout comme cette psy qui pensait mon fils foutu, des tas de gens vous diront que vivre d’un blog est impossible. Nous sommes dans le pays des pessimistes et des râleurs professionnels.

Tout comme j’ai planté plusieurs sites avant de commencer à vraiment très bien bloguer, vous aurez quelques déceptions.

Mais ce n’est rien. Apprenez. Faites-vous bien conseiller.

Notre siècle est celui de la technologie, du savoir, et des petits entrepreneurs. Les gens se forment en ligne, c’est un fait. C’est un marché mondial dans lequel les bons blogueurs connaissent de belles réussites. Il y a plus d’indépendants que de salariés aux Etats-Unis. Le mouvement est en marche chez nous aussi.

Vous voulez en être?

Alors battez-vous.

Lorsqu'on vous dira que vous êtes fou de croire qu'un simple blog WordPress puisse faire vivre une famille durablement, montrez qu'ils ont tort. Ce sont eux qui continueront à se coltiner un patron.

Lorsque vous comprendrez un jour que votre idée de niche était mauvaise, sécurisez votre nouveau projet dans une thématique rentable, et essayez d'être le meilleur, comme j'essaye de le faire.

Lorsque vous verrez que vos articles ne soulèvent pas assez d'enthousiasme, passez trois fois plus de temps dessus, pour décoiffer vos lecteurs.

Lorsque vous lirez un commentaire défavorable, relisez cet email de remerciement qu'un de vos fans vous a écrit,  car vous lui avez changé sa vie.

Lorsque vous serez déçu de votre nombre d'inscrits, dites-vous simplement qu'au lieu de publier encore la semaine prochaine, vous allez réfléchir sérieusement au moyen de faire connaitre votre blog.

Mais ne lâchez jamais.

Rappelez vous que votre succès en ligne ne repose que sur 3 choses. La bonne thématique, la crédibilité, et la promotion.

Et si c'est vraiment dur, si vous pleurez des larmes de sang sur vos articles et que cela ne marche toujours pas?

Je sais que cela peut sembler un peu bateau, mais repensez au courage de mon épouse. Si nous avons réussi à faire parler un autiste sévère, si nous avons réussi à devenir tous les deux des entrepreneurs heureux malgré les nuits blanches, le chagrin et les obstacles, vous pouvez y arriver.

Alors faites-le, bon sang. La première chose est si facile.

Vous êtes prêt?

Vérifiez que votre blog est conçu de manière à capturer des emails. Puis contactez un gros blog et proposez-lui un article invité, si bon, si complet, que ses lecteurs se précipiteront pour découvrir qui a écrit une telle merveille.

Et n’arrêtez jamais plus.

André Dubois
 

En ce moment, André doit être encore en train d'écrire un article de 3000 mots. Tout cela pour un objectif: vous apprendre à bloguer si bien que vous pourrez en vivre.

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