Depuis l’arrivée de l’IA, je vois la même scène se répéter. Les gens hésitent à se lancer. Ou alors, des créateurs brillants. Des infopreneurs qui ont bossé dur pendant des années. Et puis l’IA débarque, elle écrit vite, elle écrit beaucoup… et d’un coup, ils doutent.
“À quoi bon continuer ?”
“Google est saturé.”
“Tout le monde peut faire ce que je fais.”
Et je vois dans leurs yeux un mélange de fatigue, de peur et presque de résignation.
Ça me rend dingue. Vous vous gourez. Parce que le problème n’est pas l’IA. Le problème, c’est qu’on confond bruit et valeur.
On a déjà vécu ça (et personne ne s’en souvient) :
Ce qui me fait sourire, c’est qu’on a déjà traversé cette période.
Il y a quelques années, c’étaient les rédacteurs low cost. Des articles optimisés SEO à la chaîne, sans personnalité, sans point de vue. On disait déjà que le web était saturé. Que tout avait été écrit. Que les blogs étaient morts.
Et pourtant… ceux qui avaient une vraie voix continuaient à vendre.
Pourquoi ?
Parce qu’un article n’est pas seulement un bloc de texte optimisé pour Google. C’est un vecteur de relation.
L’IA, aujourd’hui, fait la même chose que ces rédacteurs low cost. Mais à l’échelle industrielle. Elle produit du contenu propre, structuré, informatif. Parfois même impressionnant.
Mais souvent… c’est tiède.
Ça coche les cases. Ça informe. Mais ça ne bouscule pas.
Et les gens n’achètent pas le tiède. Les blogueurs à succès n’ont JAMAIS été tièdes. Ils ont toujours mis des coups de pieds dans la fourmilière, et continuer à le faire est la seule voie possible.
Regardez ceux qui ont une voix :
Regardez James Clear. Regardez Mark Manson. Regardez Leo Babauta. Des blogueurs colossaux en développement personnel.
Vous pensez que leur succès repose uniquement sur l’information qu’ils partagent ? Sérieusement ?
Des conseils sur les habitudes, vous en trouvez partout. Des réflexions sur la vie et la discipline, pareil.
Mais ils ont une tonalité. Une façon d’expliquer. Une manière d’illustrer. Une cohérence qui se répète semaine après semaine.
Quand vous lisez un texte de James Clear, vous savez que c’est lui. Quand vous lisez Mark Manson, vous reconnaissez sa patte en trois lignes.
Ils ont créé une fidélisation sur des années… et n’importe quel blogueur ambitieux et tenace peut le faire, même à l’heure de Chat GPT.
Ce n’est pas parce que votre téléphone peut vous expliquer la vision de Mark Manson que vous n’aurez pas envie de lire son livre, si vous accrochez à son style.
Moi aussi, je le vois dans mes propres stats. Je vends toujours des formations. Ma communauté est toujours là. Mes articles sont lus. Pas parce que j’ai des secrets introuvables ailleurs. Mais parce que j’ai construit une continuité. Une ligne directrice. Une relation.
Les formations se vendent toujours :
Le défaitisme est dans l’air du temps. Les vidéos alarmistes se multiplient. On dit que les formations sont mortes, souvent pour vous vendre un coaching, ou une formation sur le coaching.
La réalité? Les formations bien marketées marchent toujours. Mes derniers lancement me le confirment.
Allez, anecdote pour illustrer mon propos.
Quand j’habitais à Lyon, j’ai créé Dojo en ligne avec mon prof de judo jiu-jitsu. À l’époque, on était convaincus qu’on pouvait proposer une formation en ligne sur le judo.
Puis on a fait ce que tout le monde fait : on est allés sur YouTube.
Et là… claque.
Tous les mouvements existaient déjà. Exécutés par des champions du monde. Démontrés par des maîtres japonais. Filmés sous tous les angles.
Mon prof me dit:
“Mais qu’est-ce qu’on peut vendre ? Tout est déjà là.”
« T’inquiètes, c’est ma partie. »
C’est exactement la question que beaucoup se posent aujourd’hui avec l’IA.
“Tout est déjà écrit.”
“Tout est déjà expliqué.”
“À quoi je sers ?”
La réponse est simple : vous servez à organiser, sélectionner et transformer.
J’ai donc commencé à penser “besoin du marché”. On s’est posé une question beaucoup plus intéressante : Pourquoi les judokas débutants et intermédiaires perdent leurs combats ? Pourquoi ils arrivent à faire les mouvements à l’entrainement mais galèrent-ils « en vrai »?
Et la réponse était évidente. On leur fait répéter des mouvements à l’entraînement, quand le partenaire est disponible. Encore et encore. Mais on ne leur apprend pas à gagner un combat, quand l’adversaire se défend.
On ne leur explique pas comment imposer leur garde. Comment enchaîner simplement sous pression. Comment appliquer deux ou trois stratégies claires au lieu de connaître vingt techniques mal maîtrisées.
Alors j’ai demandé à mon prof de faire quelque chose de très simple… et très puissant.
Il s’est servi de son expérience. Il a sélectionné les mouvements et les enchaînements les plus simples, les plus mémorisables, les plus rentables pour notre cible : débutants et niveaux intermédiaires.
On n’a rien inventé. Pas un seul mouvement de judo n’était nouveau. Ces techniques existent depuis la naissance de cet art martial.
Mais on a créé une structure. Une sélection. On a ajouté des explications sur la garde. Sur les enchaînements les plus fiables. Sur la façon de répéter intelligemment. Sur comment travailler chez soi.
On a transformé une masse d’informations éparpillées en un plan clair pour gagner. Et là, tout a changé. Parce que ce que les gens achetaient, ce n’était pas une technique. C’était une stratégie.
Ce n’était pas un mouvement. C’était un système rassurant.
Ce n’était pas de l’information. C’était de la confiance.
La formation devenait désirable. Son prix, justifiable.
C’est exactement la même chose aujourd’hui avec le contenu et les formations en ligne.
L’IA peut produire des explications. YouTube regorge de démonstrations parfaites.
Mais ce que vous pouvez vendre, et que vous vendrez toujours c’est : une sélection intelligente, une progression adaptée à une cible précise, une simplification stratégique, une vision incarnée par votre expérience. en clair : des problèmes enfin résolus.
UTILISEZ LE MARKETING!
Le vrai danger n’est pas l’IA. C’est la fadeur :
Soyons honnêtes.
Beaucoup de contenus étaient déjà interchangeables avant l’IA. Beaucoup de blogs ressemblaient à des compilations d’articles “Comment faire X en 7 étapes”.
L’IA n’a pas créé la médiocrité. Elle l’a accélérée. Et dans un environnement saturé de contenu tiède, la touche humaine devient rare. Donc précieuse. Aujourd’hui, ce qui va faire la différence, ce n’est pas d’écrire plus. C’est d’écrire plus incarné.
Dire ce que vous pensez vraiment. Assumer vos positions. Raconter vos échecs. Partager vos contradictions.
Les gens ne suivent pas une base de données. Ils suivent une trajectoire.
“Oui mais le SEO marche moins…”
Oui. Le SEO pur est plus difficile qu’avant.
Alors adaptez-vous.
Collaborez. Faites des interviews croisées. Construisez des ponts entre infopreneurs. Faites circuler l’audience au lieu d’attendre passivement Google.
Dans un monde dominé par l’automatisation, la relation devient un avantage compétitif.
Ceux qui comprendront ça gagneront.
La comparaison avec la musique est flagrante :
Aujourd’hui, une IA peut produire un morceau parfaitement mixé en quelques secondes. Et un bon morceau!
Mais… est-ce qu’un musicien peut en faire autant ? Oui, avec un peu plus de travail. Mais son morceau peut toucher les gens. L’IA ne tuera pas les musiciens talentueux, les guitaristes prodiges, les groupes qui font bouger les stades.
Les concerts sont pleins.
Pourquoi ?
Parce que les gens veulent voir l’artiste. Ils veulent ressentir l’énergie d’un live. Ils veulent vibrer avec d’autres personnes. Encore une fois, c’est le lien à l’audience qui garantit cela.
Le contenu en ligne fonctionne pareil. On peut lire un texte généré automatiquement. Mais on s’attache à une personnalité.
On achète une formation parce qu’on fait confiance à quelqu’un. Parce qu’on se reconnaît dans son parcours. Parce qu’on a l’impression qu’il comprend nos problèmes.
L’IA ne comprend rien. Elle calcule. Et la connexion ne se calcule pas.
Autre parallèle : le psy Chat GPT
Aujourd’hui, plein de gens utilisent ChatGPT comme un psy.
Leur chef leur prend la tête. Ils ont un problème de couple. Ils ne se sentent pas bien.
Alors ils ouvrent une fenêtre, ils racontent ce qu’ils ont sur le cœur… et ils attendent une réponse.
Et je vais être transparent : j’ai essayé aussi.
Et c’est intéressant. C’est structuré. C’est parfois pertinent. Ça aide à clarifier ses idées.
Mais.
Si vraiment j’ai besoin de parler… Si vraiment je traverse un truc important… Je préfère appeler un pote.
Quelqu’un qui me connaît. Quelqu’un qui sait comment je fonctionne. Quelqu’un qui a une vision globale de ma vie.
Parce que l’IA, aussi performante soit-elle, se base uniquement sur ce que je lui raconte à l’instant T.
Elle ne connaît pas mes angles morts. Elle ne voit pas mes contradictions. Elle n’a pas vécu mes échecs passés. Elle n’a pas mon historique émotionnel.
Elle répond à une version partielle de la réalité. Mon point de vue.
Un ami, lui, apporte sa sensibilité. Son intuition. Son expérience partagée avec moi. Il me confronte parfois.
Il me recadre. Il perçoit ce que je ne dis pas.
Et ça change tout.
Ce n’est pas parce qu’on peut utiliser ChatGPT comme psy qu’on n’a plus besoin d’amis.
Ce n’est pas parce que l’IA peut produire des conseils qu’on n’a plus besoin de vrais thérapeutes.
Et c’est exactement la même chose avec les blogs, les chaînes YouTube et les formations.
Oui, l’IA peut donner des réponses. Oui, elle peut expliquer des concepts. Oui, elle peut structurer une réflexion.
Mais elle ne crée pas une relation dans la durée. Elle ne connaît pas votre parcours. Elle ne voit pas votre évolution. Elle ne vous observe pas progresser. Un créateur humain, lui, accompagne.
Il partage ses doutes. Ses erreurs. Ses prises de position. Son expérience incarnée. Et c’est bien, parce que c’est précisemment cela qui permet de faire des ventes.
Et dans un monde où tout devient automatisé, cette relation-là prend encore plus de valeur. Les gens ne cherchent pas seulement des réponses. Ils cherchent quelqu’un en qui ils ont confiance.
La vérité que personne ne veut entendre :
Ceux qui vont disparaître ne sont pas “remplacés” par l’IA.
Ils étaient déjà remplaçables.
Ceux qui resteront ? Ceux qui auront travaillé leur marque. Leur constance. Leur cohérence. Leur capacité à inspirer. Oui, ça demande plus d’efforts qu’avant. Oui, ça demande plus d’authenticité. Oui, ça demande du courage.
Mais c’est une excellente nouvelle.
Parce que ça filtre.
Ça élimine les opportunistes. Et ça valorise les créateurs sérieux.
Alors non.
Les blogs ne sont pas morts.
Ils sont en train de devenir plus exigeants. Plus humains. Plus incarnés.
Si vous êtes infopreneur, ne vous résignez pas. Fuck la peur de l’IA. Utilisez-la, mais à votre service.
Pour travailler encore plus votre voix. Pour travailler votre vision. Pour travailler votre lien avec votre communauté. Parce qu’au final, ce qui se vendra toujours, ce ne sera pas l’information. Ce sera la relation.