Vous êtes infopreneur. Dites-moi… Vous avez de vraies compétences, du fond, de l’expérience… et pourtant, ça ne décolle pas vraiment ? Vous publiez. Vous expliquez. Vous essayez d’aider. Mais l’audience reste modeste. Les réactions sont polies. Rien de spectaculaire.
Et au fond, vous sentez que vous valez mieux que ça.
Souvent, les signaux sont assez simples. Vos contenus partent un peu dans tous les sens. Un jour vous faites un tutoriel très technique. Le lendemain un post plus inspirant. Puis une review d’outil. Puis une réflexion sur l’actualité. Chaque contenu est bon en soi. Mais l’ensemble ne raconte pas une histoire claire. On ne voit pas la ligne directrice.
Autre signe : on vous dit que c’est intéressant. Que c’est bien expliqué. Que ça aide. Mais les abonnements ne décollent pas. On vous respecte, mais on ne vous suit pas vraiment.
Et puis il y a le positionnement. Vous êtes compétent, oui. Mais vous êtes “un expert de plus”. Dans votre niche, il y en a déjà beaucoup. On ne sait pas exactement ce que vous défendez. Ni ce que vous refusez. Vous êtes présent… mais pas distinct.
Enfin, il manque quelque chose d’essentiel : l’émotion. Pas de débat. Pas de tension. Pas de prise de position forte. Votre contenu est propre, rationnel, équilibré. Mais il est neutre. Et le neutre, sur internet, ne rassemble pas grand monde.
La solution : trouvez un ennemi.
Les grandes marques ont toutes un adversaire
Regardez les grandes marques.
Elles ne vendent pas juste un produit. Elles prennent position. Elles s’opposent à quelque chose.
Nike ne vend pas seulement des chaussures. Nike s’attaque à la paresse. « Just Do It » est le slogan de ceux qui se bougent.
Tesla ne vend pas seulement des voitures électriques. Tesla s’oppose à l’ancien monde pétrolier.
Apple ne vend pas des produits informatiques. Apple s’attaque à la complexité. Avoir des appareils Apple, c’est posséder un écosystème facile.
Leur force vient d’un adversaire clair. D’un “nous sommes contre ça”.
Tant que vous ne savez pas contre quoi vous vous battez, il est difficile de savoir pourquoi vous existez.
Comment j’ai appliqué ce principe
Quand j’ai lancé TraficMania, je ne voulais pas être un expert marketing de plus. Il y en avait déjà partout. J’ai choisi un angle simple : m’opposer aux vendeurs de rêve. Ceux qui montrent une Lamborghini, un lifestyle parfait, des captures d’écran flatteuses… mais qui n’expliquent jamais vraiment le marketing.
Je ne m’attaquais pas aux personnes. Je m’attaquais à une mentalité. À l’idée qu’il suffit d’afficher la réussite pour prouver la compétence. Mon adversaire, c’était le marketing spectacle.
Sur mon site de tir sportif, j’ai fait la même chose. J’ai pris une position anti-matériel. Dans un univers où beaucoup pensent que progresser consiste à acheter plus cher, j’ai défendu une idée simple : si les bases techniques ne sont pas maîtrisées, le matériel haut de gamme ne changera rien.
Ce positionnement m’a obligé à être cohérent. Mes contenus ont gagné en clarté. Mon message est devenu lisible. Et surtout, les gens savaient tout de suite s’ils étaient d’accord avec moi ou pas. Ils savaient dans quel camp ils se trouvaient.
Les effets bénéfiques d’un ennemi puissant
Définir un ennemi, ce n’est pas chercher le conflit pour le plaisir. C’est clarifier votre discours.
D’abord, ça vous donne un axe. Vous savez quoi défendre, quoi critiquer, quoi déconstruire. Vous ne publiez plus “au fil de l’inspiration”. Vous construisez quelque chose de cohérent.
Ensuite, votre positionnement devient beaucoup plus net. On comprend rapidement ce que vous représentez. Et dans un monde saturé de discours tièdes, la clarté attire.
Il y a aussi un effet de tribu. Les gens ne vous suivent plus seulement pour apprendre. Ils vous suivent parce qu’ils se reconnaissent dans votre vision. Ils se disent : “Enfin quelqu’un qui met des mots sur ce que je pense.”
Vous construisez une audience de fans. Car un message tranché se retient mieux qu’un message neutre. Il marque. Il laisse une trace.
Et puis, détail très important : cela simplifie vos choix. Quand vous savez ce que vous combattez, vous savez aussi ce que vous refusez. Certains partenariats ne vous correspondent pas. Certaines opportunités ne sont pas alignées. Et dire non devient plus simple.
10 exemples de thématique et leur ennemi potentiel
Concrètement, comment faire ?
En marketing en ligne, vous pouvez vous opposer au marketing bullshit et aux promesses irréalistes. Vous devenez le défenseur de la méthode et du travail réel.
En fitness, votre ennemi peut être la médiocrité confortable. Les excuses permanentes. Le “je commence lundi”.
En finance personnelle, votre ennemi est l’inaction des gens face aux découverts.
En productivité, l’adversaire est la distraction numérique et la dispersion permanente.
En IA ou en tech, vous pouvez combattre la stagnation et le refus d’apprendre.
En séduction ou en relationnel, l’ennemi peut être la dépendance affective ou les schémas répétitifs.
En développement personnel, vous pouvez vous opposer à la pensée magique et aux phrases inspirantes sans action.
Sur une thématique sportive comme le VTT, combattez le fétichisme du matériel au détriment des bases.
En reconversion professionnelle, l’ennemi peut être la vie subie et le “je n’ai pas le choix”.
En storytelling, cela peut être la superficialité des hacks.
Dans tous les cas, vous ne combattez pas des personnes. Vous combattez une idée. Une habitude. Un système. Et c’est cela qui donne une colonne vertébrale à votre contenu.
Et maintenant, à vous de jouer
Vous pouvez continuer à produire du contenu utile, bien structuré, raisonnable… et rester relativement discret.
Ou vous pouvez faire un choix plus fort.
Posez-vous une question simple : qu’est-ce qui vous agace vraiment dans votre secteur ? Quelle idée vous semble dangereuse ? Quelle illusion vous gave?
C’est souvent là que se cache votre adversaire.
Écrivez-le clairement. Assumez-le. Puis, pendant un mois, créez du contenu autour de ce combat. Expliquez. Démontez. Argumentez. Prenez position.
Certains ne seront pas d’accord. Ils partiront.
D’autres se reconnaîtront. Ils resteront.
Parce qu’au fond, on ne suit pas un expert neutre. On suit quelqu’un qui défend quelque chose.