Pourquoi être ultra-productif ne m’intéresse pas

1. Le jour où j’ai voulu devenir une machine

Etes-vous un infopreneur qui cherche à optimiser son temps et être le plus productif possible ?

Il y a eu une période où j’ai sincèrement essayé.

Comme vous, j’avais lu partout qu’il fallait batcher. Produire en masse. Tourner quinze vidéos en deux jours. Écrire un mois de newsletters en une semaine. Empiler les contenus comme des conserves avant l’hiver.

Je me suis dit : “Allez. Sois sérieux. Sois stratégique. Sois un vrai, un pur, un dur.”

Les deux premiers jours, j’étais impressionnant. Café. Focus. Organisation militaire.

Le troisième jour, j’étais déjà un peu moins brillant. Le quatrième, je trouvais mes propres idées répétitives. Le cinquième, je me parlais à moi-même comme un prof de philo fatigué corrigeant une pile de copie du bac.

Oui, j’avais du stock.

Mais je n’avais plus d’élan.

Et c’est là que j’ai compris quelque chose : je ne veux pas être une machine. Je veux progresser.

Le batching massif, dans mon cas, est contre-productif. On se vide pendant quelques jours pour ensuite “être tranquille”. Comme si le travail était un mal nécessaire dont il fallait se débarrasser par gros paquets.

Moi, je ne cherche pas à me libérer du travail. Je cherche à m’améliorer dedans.

Et ce n’est pas la même logique.


2. La régularité est plus puissante que l’héroïsme

Je vois la création comme le Judo.

On ne devient pas solide en faisant un stage monstrueux puis en arrêtant trois mois. On progresse parce qu’on revient 3 entrainements par semaine. Parce qu’on répète. Parce qu’on affine le geste.

Écrire, parler, structurer une idée, c’est un entraînement. Chaque session entraîne l’esprit. Chaque contenu rend le suivant plus précis.

Ce qui transforme, ce n’est pas l’explosion. C’est l’accumulation silencieuse.

Il y a aussi un effet très concret : quand je produis régulièrement, mon cerveau reste chaud. Les idées sont proches, elles circulent. Je n’ai pas besoin de me “réimmerger” brutalement après une longue pause.

Quand on arrête longtemps, il y a une friction invisible. On doit relancer la machine. Retrouver le fil. Réactiver l’énergie. Cette friction coûte plus cher qu’on ne le croit.

La régularité, elle, supprime cette friction.

Et surtout, elle garde la fraîcheur.

Quand on batch massivement, les contenus finissent par se ressembler. Même ton. Même structure. Même énergie. On parle depuis l’état d’esprit du jour 1 pendant quatre jours d’affilée.

Créer régulièrement permet autre chose : intégrer ce qu’on vit. Ajuster à l’actualité. Répondre aux retours. Nuancer une position. Maturer une idée deux jours avant de la formuler.

Une audience n’est pas un stock à nourrir. C’est une conversation. Et une conversation ne se prépare pas trois mois à l’avance.


3. Les cycles extrêmes fatiguent trop

Il y a un aspect dont on parle peu : le système nerveux.

Les sprints massifs créent une tension forte. On se met la pression. On veut tenir. On veut performer. On veut “prendre de l’avance”.

Puis on relâche.

Et au moment de reprendre, le cerveau se souvient de l’intensité. Il se rappelle l’effort violent. Et il résistera.

Plus l’écart entre les périodes de travail et les pauses est grand, plus la reprise devient une corvée. C’est comme faire un ménage titanesque une fois par mois. Vous déplacez les meubles, vous transpirez, vous videz les placards. L’appartement brille. Mais la prochaine session vous fait déjà peur.

Je préfère 15 minutes par jour. Pas spectaculaire. Pas héroïque. Mais stable.

Les cycles extrêmes créent c’est ceci : pic d’intensité, relâchement, procrastination légère, culpabilité, nouveau pic. On croit optimiser, on installe en réalité le dégoût de la séance suivante.


4. Je ne cherche pas la productivité maximale. Je cherche la durabilité.

Au fond, la question n’est pas “comment produire le plus possible ?”

La question est : “Quel rythme puis-je tenir pendant dix ans sans me dégoûter ?”

Le batching repose souvent sur une idée implicite : travailler pour s’en débarrasser. Produire pour ne plus produire.

Mais si votre activité est une part de votre identité, vouloir l’évacuer par blocs revient à créer une distance avec vous-même. Je ne veux pas échapper à mon travail. Je veux produire parce que j’ai quelque chose à dire, pas parce qu’un calendrier me regarde avec sévérité.

Peut-être que ce n’est pas impressionnant. Peut-être que ça ne fera pas une miniature YouTube avec “18H DE TRAVAIL PAR JOUR” en lettres capitales.

Mais dans le sport, dans l’investissement, dans les relations, dans la santé, ce ne sont pas les extrêmes qui gagnent. Ce sont les systèmes soutenables. Et la régularité, même discrète, construit beaucoup plus qu’un sprint héroïque. Moins de bruit. Plus de profondeur.

Et sur le long terme, c’est la profondeur qui gagne.

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L'auteur:

André montre aux infopreneurs comment créer et développer leur business en ligne.